poursuite des ciels

…..poursuite des ciels…

 
 
Là, sous les ronces se terre l’exubérance des erreurs, des abandons et des repentirs du végétal. Les étagements touffus des griffes de bois témoignent de ces errances courbes, de cette lente tension des squelettes brisés d’herbes, de ronciers, d’aubépines, de pruniers sauvages, de noisetiers et de chênes vers ces hauteurs successives de lentes dissolutions…..
 
Le ciel est à quelques épaisseurs de sol pour la mousse tapie, à portée de doigt pour le corps puis de mains et de regards, bras tendus vers le lointain. De plus en plus haut, de plus en plus loin.
 
Le ciel poisse parfois sous les doigts, rarement dans les bois ou il se décline plus vivement bleuté.
 
…Souvenir furtif à cet aplomb de chemin. Gamin quand la conscience des états de légèreté se fait sous le rire, après la colère et les tumultes, je me souviens m’être nourri de ciel. J’ouvrais la paume des mains en soleil jusqu’à l’ extrême tension exquise des phalanges, quand la chaleur diffuse alors aux jointures puis rayonne buissonnante au centre de la paume…., alors je refermais lentement les mains en cupule et les portais à ma bouche croquant plusieurs fois puis mastiquant ces pommes de ciel….Il m’arrive encore parfois de me nourrir de ces gestes de vide….Ils peuplent mes rêves de bleu.